The Loop au Théâtre de Montparnasse

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Par Marie-Christine pour Carré Or TV

La morale triomphe du pouvoir et de l’argent,

le tout en mode western déjanté

 

Nominé pour le Molière de la meilleure comédie en 2023 avec No Limit, Robin Goupil reçoit cette année 2025 la consécration ultime : le Molière de la meilleure comédie pour sa dernière pièce The Loop.

Sur scène, quatre comédiens ultra dynamiques mènent la danse durant une heure vingt : autant dire que ça déménage !

Robin Goupil n’a jamais caché son attachement pour les États-Unis, et les titres mêmes de ses pièces sont d’ailleurs… made in USA. Cette fois encore, il nous plonge dans une ambiance typiquement américaine des années 90.

L’action se déroule dans un commissariat : d’un côté, le bureau des représentants de la loi ; de l’autre, une pièce attenante réservée aux prévenus.
Douglas, le policier en chef, arbore fièrement le chapeau du cow-boy traditionnel. Sur son bureau trône la photo de sa fille, et – en avance sur son temps – il possède déjà un téléphone portable !

À ses côtés, Carrie, nouvelle recrue encore un peu maladroite, porte un bermuda kaki façon girl scout et de grosses lunettes qui ne la mettent guère en valeur. À sa ceinture, un pistolet de service dont elle n’a toujours pas compris le fonctionnement du cran d’arrêt, malgré les explications répétées de son chef !

Chaque matin, le rituel est immuable : Douglas allume la grosse radio, on entend quelques notes de musique, puis le bulletin météo. Quelques instants plus tard, Carrie arrive, pose son casque de vélo et sert un café allongé à son supérieur. Ensemble, ils lèvent leur gobelet en carton : la journée peut commencer.

À peine ont-ils avalé leur café que le téléphone sonne : une jeune femme a été retrouvée morte dans un hôtel de la ville, probablement victime d’un empoisonnement. Un détail : elle travaillait à la mairie. Rapidement, tous les soupçons se portent sur le fils du maire, un certain Mike — le parfait fils à papa, grossier, vulgaire, connu pour faire la fête… et plus encore.
Les caméras de l’hôtel ont filmé son véhicule sur le parking : tout semble l’accabler.

Mais lorsque débute l’interrogatoire au commissariat, un nouvel élément bouleverse la donne : l’arrivée de l’avocate de la famille, un personnage haut en couleur, aussi roublard que théâtral.

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Suivent alors trois interrogatoires successifs avec les mêmes protagonistes — les deux flics, l’avocate et l’inculpé — mais à chaque fois, le ton monte, l’absurde s’installe, et la tension vire à la comédie explosive.

Robin Goupil met en lumière dans The Loop deux mondes que tout oppose :
d’un côté, les policiers d’une petite ville américaine, modestes mais intègres ; de l’autre, Mike, son père le maire et leur avocate, symboles d’un monde corrompu où l’argent et le pouvoir règnent en maîtres.

Au fil des scènes, l’auteur pousse à l’extrême la fragilité humaine, jonglant entre humour, satire et folie douce.
The Loop est une comédie anticonformiste, déjantée et résolument loufoque, où l’on rit beaucoup. Robin Goupil « dégoupille » avec jubilation !

La scénographie est rythmée, les répliques fusent, parfois ponctuées de chansons françaises totalement décalées dans ce décor américain. Tout part en vrille jusqu’à l’apothéose : la dernière scène, où Carrie devient absolument hilarante, porte l’absurde à son sommet.

La folie change de camp, la morale triomphe de l’argent et du pouvoir… et l’histoire s’achève sur un happy end façon western.

Des comédiens en pleine forme, une mise en scène énergique, un humour irrésistible : The Loop est une véritable bouffée d’air frais.

Une soirée de détente et de rires, à savourer sans modération — car, par les temps qui courent, le rire reste la meilleure thérapie.

👉 À voir sans tarder au Théâtre du Petit Montparnasse.

Extrait vidéo

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