
Par Nathaly pour Carré Or TV
Même vieux de 25 ans,
Un gros mensonge n’a pas de date de péremption
Marianne et Serge sont mariés depuis 25 ans et leur belle complicité semble indemne et surtout invincible.
Mais il suffit d’un simple petit accident de voiture, d’un malencontreux petit accrochage avec un futur papa qui fonce vers la maternité, un conducteur qui hasard de la vie porte le même nom de famille (s’appeler Clébard n’est pas fréquent) que l’ancienne et magnifique voisine de Serge, avant qu’il ne rencontre Marianne, sa future femme.
Sophie, cette superbe voisine de palier, au sujet de laquelle Serge a toujours juré ses grands dieux : il ne s’est jamais rien passé avec elle !
Elle était beaucoup trop belle, elle n’aurait pas pu s’intéresser à Serge, sauf que…
Clébard, Clébard ….et si cet imprudent conducteur était bien de la même famille que la belle Sophie ? 25 ans plus tard ce serait une sacrée coïncidence quand même !
La curiosité de Marianne est piquée au vif :
Ah c’est votre cousine ? Elle est divorcée, sans enfant ? Ah elle est toujours aussi belle qu’il y a 30 ans, même plus belle ! Vous avez son numéro ?
La fameuse intuition féminine. Et si cela faisait 25 ans que Marianne vivait avec ce doute : est-ce que Serge lors de notre rencontre m’a réellement dit toute la vérité ? Ou pire m’a-t-il menti toutes ces années ?
Tu avais nié !
Oui c’est vrai, j’ai nié.
Les hostilités sont lancées, les questions fusent, les réponses ne sont pas toujours très convaincantes. Difficile de ne pas s’embourber dans un magma de mensonges, même anciens.
Abraham Lincoln affirmait qu’« Aucun Homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge ».
Et ce n’est pas ce brave Serge qui pourra dire le contraire.
Bon, je ne vais pas vous spoiler le reste de la pièce, ses échanges savoureux, ses réparties qui font mouche, et les révélations qui s’enchaînent.

Autopsie d’un mensonge
Une fois que le premier vilain mensonge est dévoilé, que la confiance est rompue, que reste-t-il d’un couple ? Quelle nouvelle dynamique peut-on trouver pour continuer d’aimer celui ou celle qui nous a menti ?
Le texte du regretté Éric Assous est d’une grande intelligence.
Chaque répartie, même drôle, soulève bien des questions sur la fragilité de l’amour et sur la toxicité du mensonge.
Sur scène, deux magnifiques acteurs s’affrontent avec tendresse, colère, sincérité, fourberie.
Evelyne Bouix est une éblouissante Marianne, amoureuse, jalouse, inquiète, portée par sa soif de vérité.
Nicolas Briançon est Serge, le mari menteur, acculé par les questions de sa femme, autant exaspérant qu’attendrissant.
On observe ce couple qui s’aime, puis se perd dans cette danse de la vérité, dont nul ne peut sortir indemne.
La mise en scène est du talentueux Jean-Luc Moreau qui jouait le rôle de Serge en 2015 lors de la création de la pièce (Fanny Cottençon jouait Marianne).
« On ne se mentira jamais » est une master class portée par 2 fabuleux acteurs, un Serge et une Marianne inoubliables.
Une pièce qui nous fait rire, sourire et réfléchir.
Du grand et beau Théâtre.
C’est à ne pas manquer et c’est au magnifique Théâtre de Paris de la rue Blanche.
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