Voltige au Théâtre Montparnasse

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Par Marie-Christine pour Carré Or TV

Un envol poignant où Dorine Bourneton défie le destin

 

Parce que Dorine Bourneton ne renonce jamais à ses rêves, la voici actuellement au Théâtre du Petit Montparnasse en compagnie de deux excellents danseurs « Kurokos » : Mikael Fau et Yoann Leduc, dans une mise en scène très originale d’Éric Métayer.

Dorine nous raconte sa seconde naissance, qui a débuté le 12 mai 1991. Elle n’a que 16 ans et a pris place dans un petit avion de tourisme. Elle aurait dû monter dans le second avion piloté par son père, mais le sort en a décidé autrement.

Ce jour-là, les conditions météorologiques sont mauvaises. L’avion s’écrase. Une seule survivante : Dorine.

Après de longues heures de recherche, elle est transportée en centre hospitalier. Malgré tous les soins de rééducation, le verdict tombe : paraplégie, fauteuil, handicap…

Dorine Bourneton n’est pas inconnue du grand public, car elle a déjà publié plusieurs ouvrages, dont l’un des derniers, Du crash à la voltige, en 2021. Un téléfilm, Au-dessus des nuages, adapté du livre éponyme, a également vu le jour, sans compter ses multiples conférences à travers la France, redonnant espoir à ceux ou celles qui l’ont perdu, et forçant l’admiration et le respect des autres, de nous les valides.

Dans ce fauteuil qu’elle ne quitte guère que pour voler, cette jeune femme va nous ouvrir son cœur, et nous allons la suivre étape après étape, de sa sortie de l’hôpital à son retour dans son village natal : Noirétable.

Seize ans…

La jeunesse, les premiers flirts, les sorties entre copains… et elle, désormais clouée sur ce fauteuil.

Bien sûr, elle a connu des moments de tristesse, de questionnement, de révolte. On entend ses cris, sa colère. Elle se sent à l’étroit et voudrait pousser les murs de sa chambre devenue trop exiguë.

Une envie la taraude : voler, être libre comme l’air, là-haut, tout là-haut, au-dessus de la masse nuageuse, aux commandes de son avion.

Passionnée comme son père par l’aviation, elle décide de quitter ses parents pour partir apprendre à piloter.

Sur scène, deux danseurs vêtus à la façon du théâtre kabuki entourent la comédienne. Avec la chorégraphie de Sonia Duchesne, Dorine est entraînée dans une course folle : elle virevolte avec grâce dans ce fauteuil, allié de chaque instant.

La présence de ces magnifiques danseurs donne au spectacle une sensation de légèreté, de voltige en quelque sorte.

Le ton de la comédienne est parfois très ironique, et le monde des non-handicapés en prend pour son grade : les miroirs toujours hors d’atteinte, ou encore une foule d’aberrations architecturales pour les PMR (personnes à mobilité réduite).

À mesure que le spectacle progresse, nous sommes scotchés par cette jolie femme au physique fragile, possédant une force intérieure tout à fait exceptionnelle, une volonté inébranlable, une résilience extraordinaire.

Dorine va se battre et obtient avec succès son brevet de pilotage. La voici, en 2002, en mission aérienne pour lutter contre les feux de forêts dans le Lot-et-Garonne, grâce à un avion équipé de commandes manuelles.

Aux côtés de la première femme pilote d’Air France, Brigitte Revellin-Falcoz, et de Guillaume Féral, également paraplégique, un arrêté est enfin adopté le 24 novembre 2003, ouvrant l’accès à la licence de pilote professionnel aux personnes handicapées.

Parce que rien ne peut arrêter cette femme déterminée, qui aime passionnément la vie et qui a décidé, une fois pour toutes, d’aller au bout de ses rêves, Dorine Bourneton sera la première pilote paraplégique de voltige.

En 2015, lors du Salon international de l’aéronautique et de l’espace de Paris-Le Bourget, tout là-haut dans le ciel, Dorine voltige !

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Éric Métayer a participé avec Dorine Bourneton à l’adaptation théâtrale. En tant que metteur en scène, il a fait de Voltigeun spectacle de « seule en siège », un événement dynamique, aérien, tant sur le plan musical que gestuel. Les effets de tubes fluorescents illustrent les différentes étapes de ce parcours de vie.

Dorine Bourneton, libre dans les airs, l’est tout autant sur scène. Elle parle sans tabou de sujets intimes, comme l’amour et la sexualité. Ses confidences nous sont livrées sur un ton très humoristique.

Sa joie de vivre, sa volonté du bonheur sont une véritable leçon de vie pour nous tous.

Certes, l’émotion est au rendez-vous, mais cette « muse des airs » sait trouver les mots justes, le ton approprié pour nous transmettre un message fort d’espoir en la vie.

Un très beau spectacle à voir absolument.

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