Gigi, Dalida et moi au Théâtre le Mélo d’Amélie

gigi dalida et moi

Par Stanislas  pour Carré Or TV

Un délicieux voyage au cœur de l’Italie

et de l’univers de Dalida

 

Il suffit de quelques notes de musique pour que la salle du Mélo d’Amélie se transforme en petit village napolitain. Avec « Gigi, Dalida et moi », actuellement à l’affiche du théâtre parisien, Florence Solari nous invite à un voyage aussi drôle qu’émouvant, placé sous le signe de Dalida, de l’Italie et des souvenirs. Un spectacle généreux qui réussit surtout un joli tour de force : rendre hommage à une immense chanteuse sans jamais tomber dans la simple imitation.

Seule en scène, Florence Solari endosse les habits d’Angélina, personnage haut en couleur qui prétend nous révéler la véritable histoire de Gigi l’amoroso et des femmes qui ont croisé sa route dans ce fameux village napolitain. Le récit devient alors le prétexte à une succession d’anecdotes savoureuses, de situations cocasses et, bien sûr, de chansons de Dalida. Le public est rapidement invité à participer et se retrouve à fredonner les refrains avec un plaisir communicatif.

Mais « Gigi, Dalida et moi » ne se résume pas à un récital. C’est bien un spectacle théâtral, porté par une interprète qui sait jouer avec les mots, les silences, les changements de rythme et surtout avec son public. Florence Solari possède cette qualité rare des artistes capables de créer immédiatement une proximité avec la salle. Elle raconte, chante, interpelle, provoque le rire et sait également laisser surgir l’émotion lorsque les souvenirs de Dalida affleurent.

Les nombreux retours des spectateurs confirment d’ailleurs cette alchimie : le spectacle est régulièrement salué pour son humour, son énergie, la qualité de l’interprétation et cette capacité à faire participer le public.

 

Mention spéciale à Eugénie de Bohent

 

S’il faut distinguer un élément particulièrement réussi, c’est incontestablement la mise en scène d’Eugénie de Bohent. Dans un exercice aussi exigeant que le seul-en-scène musical, le risque aurait été de laisser s’installer une succession mécanique de chansons et d’anecdotes. Il n’en est rien.

La mise en scène privilégie au contraire le mouvement, le rythme et l’interaction. Elle accompagne parfaitement les différentes tonalités du spectacle, permettant à Florence Solari de passer avec fluidité de la comédie au chant, de la confidence à l’adresse directe au public. Cette construction donne au spectacle une véritable respiration et évite tout sentiment de monotonie.

Eugénie de Bohent signe ainsi une mise en scène vive, précise et intelligente, qui sait exploiter les possibilités d’une petite salle intimiste comme le Mélo d’Amélie. La proximité avec le public devient même l’un des atouts majeurs du spectacle : ici, le quatrième mur semble rapidement disparaître.

Au fil de cette heure passée sous le soleil de Naples, Dalida n’est donc jamais très loin. Ses chansons deviennent des madeleines de Proust, capables de faire surgir instantanément une époque, une émotion ou un souvenir. Les admirateurs de la chanteuse y trouveront évidemment leur bonheur, mais le spectacle possède suffisamment d’humour, de fantaisie et de personnalité pour séduire également ceux qui connaissent moins son répertoire.

« Gigi, Dalida et moi » est finalement une parenthèse chaleureuse, joyeuse et profondément humaine. Un spectacle qui fait chanter, rire et parfois émouvoir, tout en offrant une belle rencontre avec une artiste généreuse. Une invitation à voyager sans quitter Paris et, surtout, à retrouver le plaisir simple d’un théâtre qui crée du lien avec son public.

À découvrir au Théâtre Le Mélo d’Amélie, 4 rue Marie-Stuart, Paris 2e, jusqu’au 26 décembre 2026.

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