Profite à La Manufacture des Abbesses

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Par Stanislas pour Carré Or TV

Un voyage théâtral drôle, touchant

et profondément humain

 

Depuis quelques semaines, la Manufacture des Abbesses accueille une pépite théâtrale aussi inattendue qu’envoûtante : Profite, une création de la compagnie PANENKA. Avec une mise en scène simple et fluide signée Anthony Giron et Lucas Zélie, ce spectacle nous entraîne dans une réflexion douce-amère, mais jamais pesante, sur le sens de la vie, des choix et de ce que signifie réellement… profiter.

Tout commence avec Nayla, animatrice du podcast éponyme, « Profite! ». Elle reçoit Basile, un homme mystérieux, revenu d’un voyage de 30 ans. Ses récits sont captivants, presque irréels, et laissent entrevoir un succès imminent pour l’émission. Mais une nuit, Basile disparaît. Nayla et son équipe partent alors à sa recherche, tout en continuant d’explorer, micro à la main, cette énigmatique question : qu’est-ce que ça veut dire, profiter ?

La force de cette pièce réside dans sa capacité à mêler le rire à la mélancolie, le quotidien au merveilleux, le léger au profond. À travers une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres, le texte nous propose autant de définitions personnelles que de trajectoires de vie. Les comédiens, jeunes, vibrants, habités, incarnent avec une fluidité remarquable une multitude de rôles, glissant d’un personnage à l’autre avec une aisance désarmante. Ils nous font rire, nous émeuvent, et nous laissent parfois avec un pincement au cœur — comme si leurs histoires faisaient écho aux nôtres.

La mise en scène, d’une grande lisibilité, repose sur une scénographie intelligente et des lumières subtiles qui accompagnent le rythme des récits. Les dialogues, bien ancrés dans notre époque, sonnent juste. Ils parlent d’amour, de regrets, d’ambitions, de rêves avortés ou réalisés — bref, de la vie. Et le tout est saupoudré d’un humour fin, parfois mordant, qui rend cette introspection aussi plaisante qu’accessible.

Profite n’a pas vocation à apporter une réponse unique, définitive. Au contraire, il invite chaque spectateur à se poser cette question en sortant de la salle : et moi, est-ce que je profite ? C’est peut-être là sa plus grande réussite : provoquer une prise de conscience douce, sans didactisme ni leçon de morale.

Portée par une troupe de comédiens caméléons au talent éclatant, cette pièce offre un moment de théâtre rare, suspendu, comme un ballon qui vole un peu trop longtemps dans les airs avant de retomber, laissant le public entre deux souffles. Un instant de grâce.

Alors si vous cherchez une pièce qui fait rire autant qu’elle remue, qui donne envie d’appeler un ami, de reprendre un vieux projet ou simplement de savourer un café en terrasse en écoutant le monde tourner, Profite est pour vous.

À voir absolument à la Manufacture des Abbesses. Et surtout, ne vous posez pas trop de questions : profitez.

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