Scarlett O’Hara au Théâtre de Poche de Montparnasse

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Par Marie-Christine pour Carré Or TV

Magistrale !

 

Nous avons rendez-vous ce soir sur la scène du Théâtre de Poche avec une immense star du cinéma, également magnifique comédienne : Madame Vivien Leigh, ou Lady Olivier.

L’action se situe dans les années 60. Elle avance sur la scène, toujours élégante dans une robe ivoire très seyante, serrée à la taille. Elle ôte son foulard et pose ses lunettes noires, éblouie par la lumière des projecteurs. Elle regarde alors tous les journalistes présents dans la salle, semble en reconnaître certains, puis commence à nous livrer quelques pans de sa vie personnelle et professionnelle, les deux étant tellement imbriqués !

Dès lors, la magie opère. Sa voix n’est pas très forte et une petite toux tenace l’oblige à tremper fréquemment ses lèvres dans un verre d’eau préparé à son intention.

Caroline Silhol, comédienne hors pair, interprète Vivien Leigh. Elle a également participé à l’adaptation du texte de Marcy Lafferty, avec la collaboration d’Anne Bourgeois, metteuse en scène de renom, pour la scénographie.

En fond de scène : la célèbre affiche d’ »Autant en emporte le vent », où Clark Gable emporte dans ses bras Scarlett O’Hara, avec en arrière-plan les flammes du terrible incendie. Ce personnage de Scarlett a bien sûr collé à la peau de Vivien Leigh, oscarisée pour ce rôle, qui lui a valu une renommée internationale. Nombreuses furent les actrices ayant passé le casting, mais David Selznick fut totalement séduit par la présence incroyable dégagée par Vivien Leigh. Elle rêvait de ce rôle et s’y est jetée à corps perdu :

« Je jouerai Scarlett… Je suis Scarlett, ça ne peut pas être autrement, puisque je l’ai décidé ! »

Caroline Silhol a sans aucun doute été séduite par le caractère volontaire de cette jeune femme. Née en Inde, sujet britannique, elle va conquérir l’Amérique et remporter plusieurs Oscars, consécration ultime pour tout acteur ! Avec la même fougue, elle incarne Blanche DuBois dans « Un Tramway nommé désir » de Tennessee Williams, adapté ensuite au cinéma par Elia Kazan, aux côtés du charismatique Marlon Brando. Ce rôle de Blanche DuBois la poursuivra tout au long de sa vie. En s’identifiant totalement à son personnage, sa propre pathologie, trop longtemps dissimulée, va lui jouer de mauvais tours.

Vivien Leigh est connue pour ses sautes d’humeur et ses crises intempestives, longtemps prises pour des caprices de comédienne. En réalité, sa bipolarité lui cause de vraies souffrances. Elle est tout à la fois volontaire, apparaissant comme une femme forte, mais pourtant tellement fragile.

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Cette célèbre comédienne avait deux priorités dans la vie : jouer au théâtre et son amour pour Laurence Olivier. Si le cinéma lui a permis d’être connue et reconnue, seul le théâtre l’intéressait : c’était sa véritable raison de vivre.

« Je déteste Hollywood. Tout y est faux, même le climat est ridicule ! »

Divorcée de son premier mari, Leigh Holman, elle ne conserve de lui que son patronyme, lui laissant la garde de leur fille Suzanne. Laurence Olivier divorce à son tour et, en 1940, Vivien épouse alors son grand amour. Dès lors, ils forment le couple le plus célèbre du théâtre durant presque vingt ans.

Vivien revient de temps à autre au cinéma, notamment dans « That Hamilton Woman », un film culte aux yeux de Winston Churchill. En 1953, elle tourne au Sri Lanka « La Piste des éléphants ». Une mauvaise chute entraîne une nouvelle fausse couche. On fait alors appel à Elizabeth Taylor pour la remplacer. Elle ne donnera pas d’enfant à Sir Laurence Olivier, ce dernier ayant été anobli par la reine Élisabeth.

Caroline Silhol est totalement investie dans le personnage de Vivien Leigh, comédienne et femme fantasque, au parler direct, aux coups de foudre intempestifs, surtout dans les dernières années de sa vie. « The Theater Royals », le couple mythique qu’elle formait avec Laurence Olivier, tourne au cauchemar. Vivien se bat depuis plusieurs années contre la tuberculose. C’est la raison pour laquelle, lors de cette dernière conférence de presse, elle s’étouffe souvent et doit boire quelques gorgées d’eau.

Les infidélités de Vivien et, sans aucun doute, celles de son époux les conduisent à divorcer en 1960. Dès lors, la bipolarité dont elle souffre depuis très longtemps l’oblige à subir des électrochocs à répétition. Elle conserve néanmoins l’amitié de son premier mari et même de Laurence Olivier, remarié très vite avec Joan Plowright.

Un grand bravo à Caroline Silhol, absolument remarquable dans son interprétation. Elle nous émeut souvent et nous fait rire aussi. Un très beau moment de théâtre à ne pas manquer au Poche Montparnasse !

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