
Par Marie-Christine pour Carré Or TV
Une petite merveille théâtrale !
Née Alphonsine Turc, elle pousse la chansonnette et joue la comédie sous le pseudonyme d’Andrée Turcy**.
En 1912, elle débute au café-concert à Lyon, puis se produit à l’Eldorado et remporte un triomphe à l’Alcazar de Marseille. Elle enregistre son premier disque chez Pathé en 1921.
Moins connue sans doute que Mistinguett ou Joséphine Baker, elle marque néanmoins son époque grâce à un joli grain de voix.
Bien sûr, un passage par Paris est incontournable pour être reconnue, mais elle reste une fille du Sud, fière de ses racines, et se refuse à parler « pointu ». Native de Toulon, elle est très vite surnommée « La Cigale Provençale ».
Sa vie, c’est le Midi de la France, Marseille, et l’Afrique du Nord.
En 2025, connaît-on encore Andrée Turcy ?
Jean-Christophe Born, auteur, metteur en scène et comédien, incarne un journaliste en pleine interview chez celle qui a fait chanter les Français pendant près de quatre décennies.
Lui-même grand admirateur de la chanteuse, il se lance timidement… et pousse la chansonnette.
Guillemette Lefèvre, comédienne et chanteuse, interprète Andrée Turcy.
Elle accueille le journaliste avec simplicité et répond sans filtre à toutes ses questions. Les années ont passé, sa carrière est désormais loin derrière elle, mais les souvenirs sont encore bien présents.
Au fil de l’entrevue, nous sillonnons les routes de France et les grandes salles de concert où elle interprétait les tubes de l’époque :
« C’était un gars de la coloniale », « Mon homme », « La Chanson du Cabanon »…
Oh, Andrée Turcy ne se fait pas prier pour évoquer sa carrière ! Elle a conservé son franc-parler. C’est une vraie chanteuse populaire, et fière de l’être !
Elle se reconnaît aussi comme une chanteuse réaliste, qui interprète les textes avec le cœur, les tripes, et les mots de grands paroliers comme Francis Carco.
Nous assistons, dans le théâtre du Guichet Montparnasse, à un véritable tour de chant d’Andrée Turcy.

Parfois coquine, parfois mélancolique, Guillemette Lefèvre chante avec générosité, accompagnée par un pianiste discret, sous le regard admiratif du journaliste.
On redécouvre de vraies chansons à texte, des airs entraînants… très vite, l’envie de fredonner nous gagne. Le journaliste lui-même se prend au jeu et interprète une chanson de Maurice Chevalier.
Malgré ses années de succès, Andrée Turcy est restée cette fille du Midi sans chichi. Elle se livre facilement et répond sans détour.
Au début du XXe siècle, les tournées duraient parfois sept mois sans interruption !
Au fil du temps, elle prend du galon, sillonnant la France et l’Afrique du Nord avec sa troupe, ses voitures… et ses deux camions.
Elle s’installe durant de longues années en Algérie, où elle dirige le Grand Casino d’Alger : ce sont les années fastes.
Après la guerre, elle devient comédienne. Grâce à son accent du Midi et à son talent, Marcel Pagnol l’engage dans Manon des Sources. Elle incarne aussi Marinette dans Les Lettres de mon Moulin.
Le journaliste a pris soin d’emporter avec lui une caméra. Sur écran, nous découvrons ainsi la véritable Andrée Turcy.
Une pièce pleine d’émotion et de gaieté, portée par la joie de vivre et la pétillance de Guillemette Lefèvre.
Courez applaudir Qui êtes-vous Andrée Turcy ?
Le duo Guillemette Lefèvre / Jean-Christophe Born fonctionne à merveille.
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