Jean Anouilh, souvenirs d’un jeune homme
au Théâtre de Poche de Montparnasse

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Par Marie-Christine pour Carré Or TV

Un spectacle tendre et poétique

 

Après une vie littéraire bien remplie, Jean Anouilh revient en 1987 – année de sa disparition – sur sa jeunesse et ses débuts dans la vie professionnelle.

Il publie alors La Vicomtesse d’Eristal n’a pas reçu son balai mécanique.

Un tel titre peut surprendre de la part d’un auteur célèbre pour sa relecture d’Antigone, rédigée en -495 par le grand dramaturge grec Sophocle.

Mais Jean Anouilh est un écrivain inclassable, qui ne s’est jamais cantonné à un seul genre littéraire.

Passant avec aisance de la comédie (Le Bal des voleurs) à la tragédie (Eurydice, Antigone), il a lui-même classé ses pièces selon des catégories très personnelles : pièces roses, noires, brillantes, secrètes, baroques…

L’œuvre de Jean Anouilh s’étend sur un demi-siècle.

Bachelier issu d’un milieu modeste, il fait ses débuts dans la vie active au rayon quincaillerie d’un grand magasin parisien, avant de passer par la publicité, puis de trouver enfin sa voie : le théâtre.

Plutôt que de rédiger ses mémoires, Jean Anouilh choisit de se mettre en scène, dévoilant au grand public ses souvenirs de jeunesse.

C’est dans cette dernière œuvre que Gaspard Cuillé et Benjamin Romieux ont puisé pour en proposer une adaptation théâtrale, interprétée dans un lieu intimiste : le Théâtre de Poche.

La mise en scène est assurée par Emmanuel Gaury.

En alternance, Gaspard Cuillé et Emmanuel Gaury, entourés de Benjamin Romieux, incarnent en duo le jeune Jean Anouilh.

Les comédiens nous font revivre les débuts de l’auteur avec le théâtre, notamment sa première rencontre avec un homme aussi timide que lui, mais ô combien impressionnant : Monsieur Louis Jouvet.

Le récit de sa jeunesse a été conçu pour être joué.

Les anecdotes abondent, notamment celles liées aux années de la Seconde Guerre mondiale, où, finalement réformé, Anouilh retrouve très vite les planches. Il y monte alors ses fameuses pièces noires : Eurydice, puis Antigone, suivie de Médée.

Sa carrière est alors lancée, et il est rapidement reconnu comme l’un des grands auteurs du théâtre français.

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Nous revivons également ses rencontres avec les comédiens emblématiques de son époque :

  • Pierre Fresnay, qui accepte de jouer L’Hermine au Théâtre de l’Œuvre en 1932, alors qu’Anouilh n’a que 22 ans, puis Le Voyageur sans bagage en 1944 au Théâtre de la Michodière.

  • Suzanne Flon, célèbre pour ses fous rires sur scène, incarne Antigone en 1944, puis L’Alouette en 1953.

  • Michel Bouquet, immense comédien, joue dans Roméo et Jeannette, Le Rendez-vous de Senlis et L’Invitation au château, notamment au Théâtre de l’Atelier – des collaborations qui se poursuivront dans les années suivantes.

Quel plaisir d’entendre résonner les noms de ces grands acteurs et actrices qui ont partagé la scène – ou l’écran – avec Jean Anouilh. Car ce dernier ne s’est pas limité au théâtre : il a également participé à de nombreuses mises en scène pour le cinéma et la télévision.

Grâce au talent de Gaspard Cuillé et Benjamin Romieux, tous deux remarquables, nous passons 1h15 dans un moment de théâtre touchant, sensible et éclairant, qui nous ouvre une fenêtre sur la vie d’un auteur français aux multiples facettes et aux talents indéniables.

À découvrir sans tarder au Théâtre de Poche Montparnasse.

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