
Par Stanislas pour Carré Or TV
Le musée Grévin, lieu mythique où se côtoient depuis plus d’un siècle des célébrités de cire, ajoute aujourd’hui une nouvelle corde à son arc : celle d’un dialogue inédit entre patrimoine et art contemporain. Le 9 septembre dernier, Yves Delhommeau, directeur général du musée, a accueilli l’artiste connu sous le nom du Diamantaire pour le vernissage d’une œuvre monumentale spécialement pensée pour la célèbre Salle des Colonnes.
Cette pièce unique, qui se déploie sous la forme d’une fresque triangulaire évoquant un diamant géant, capte et reflète la lumière de manière spectaculaire. Avec ses dimensions impressionnantes – trois mètres de long pour 1,30 m de hauteur –, elle offre au public une expérience visuelle inédite, en parfaite harmonie avec le décor fastueux de ce lieu emblématique du boulevard Montmartre.
La rencontre entre un musée historique et un créateur contemporain
L’idée de cette collaboration est née en 2021. Patricia Girbeau, directrice artistique de Grévin, découvre alors le travail du Diamantaire sur Instagram. Séduite par l’originalité de son approche, qui repose sur le jeu des reflets et l’intégration du verre dans l’espace environnant, elle imagine immédiatement l’impact qu’une œuvre de grande envergure pourrait avoir dans l’enceinte du musée.
Cette intuition se concrétise aujourd’hui par une réalisation XXL qui transcende le décor classique de la Salle des Colonnes, espace reconnu pour ses volumes majestueux et ses détails architecturaux raffinés. Le pari de Grévin ? Offrir aux visiteurs une double expérience : celle de l’émerveillement devant les statues de cire qui font la renommée du lieu, et celle d’une immersion dans la création contemporaine.
Le parcours atypique du Diamantaire
Derrière ce pseudonyme scintillant se cache un artiste né à Caen en 1987. Dès 2001, il explore la rue comme terrain d’expression à travers le graffiti. Mais son chemin artistique prend rapidement une autre direction grâce à sa formation en métallerie et chaudronnerie, qui lui transmet le goût du façonnage et une grande maîtrise des matériaux.
C’est en découvrant les possibilités infinies offertes par le miroir qu’il forge sa signature artistique. L’artiste commence à récupérer du verre abandonné dans la rue, qu’il recycle en diamants en deux dimensions. Chaque pièce est soigneusement découpée, peinte, numérotée, puis apposée sur les murs des villes. Paris devient alors son premier terrain d’expérimentation : ses diamants scintillants ornent façades et ruelles, attirant l’œil des passants et éveillant leur curiosité.
Très vite, le phénomène dépasse les frontières de la capitale. De Londres à New York, de Tokyo à Berlin, ses créations trouvent écho dans les rues et les galeries du monde entier. Le langage universel de la lumière et du reflet lui permet de toucher un public varié, sensible à la poésie qui se dégage de ses compositions.
De la rue aux galeries, un succès fulgurant
Le Diamantaire incarne cette nouvelle génération d’artistes capables de franchir les frontières entre l’art urbain et l’art institutionnel. Ses œuvres, nées de la rue, séduisent rapidement les galeries parisiennes. Puis, grâce au bouche-à-oreille et à la puissance des réseaux sociaux, il est invité à exposer à l’international.
Son univers attire également de grandes marques qui lui confient des projets sur mesure. Adidas, Lacoste, Piaget, BMW, Netflix, Mini ou encore Bull lui ont déjà fait confiance pour imaginer des installations, des événements ou même du mobilier design. Ces collaborations témoignent de sa capacité à conjuguer exigence artistique et contraintes créatives propres aux commandes de prestige.
Ce parcours atypique illustre bien la philosophie du Diamantaire : ne jamais se laisser enfermer dans une seule catégorie artistique. Curieux et avide d’expérimentations, il multiplie les supports et les contextes pour donner à voir son langage visuel sous des formes toujours renouvelées.

Une œuvre pensée pour Grévin
La fresque inaugurée à la Salle des Colonnes s’inscrit pleinement dans cette démarche. Imaginée comme un grand diamant triangulaire, elle se déploie dans un jeu de reflets qui sublime l’architecture environnante. Le spectateur, en se déplaçant, devient partie prenante de l’œuvre, puisque la lumière et les perspectives varient selon l’angle d’observation.
Pour Grévin, qui accueille chaque année plus de 700 000 visiteurs, cette création constitue une étape importante dans l’ouverture du musée aux formes d’art contemporaines. Elle témoigne de la volonté de conjuguer tradition et innovation, en associant la magie intemporelle des personnages de cire à des propositions artistiques d’aujourd’hui.
Le Diamantaire, qui partage sa vie avec la comédienne Marilou Berry, prouve encore une fois que son univers ne cesse d’évoluer et de se réinventer. Cette installation vient enrichir un parcours muséal où l’émerveillement reste le fil conducteur, qu’il s’agisse de croiser les plus grandes stars ou de découvrir les éclats scintillants d’une œuvre d’art unique.
Une invitation à la découverte
Visible tous les jours d’ouverture du musée, du lundi au dimanche, l’œuvre du Diamantaire s’offre désormais à tous ceux qui franchissent les portes du 10 boulevard Montmartre. Elle incarne une double promesse : celle d’un musée qui ne cesse de se réinventer, et celle d’un artiste qui continue de repousser les limites de son art.
Avec cette installation, Grévin confirme qu’il n’est pas seulement le temple des figures de cire, mais aussi un lieu vivant, en dialogue permanent avec son époque. Une invitation à venir (re)découvrir un lieu mythique, où l’on croise autant les héros de l’imaginaire que les éclats lumineux de la création contemporaine.
📍 Musée Grévin, 10 boulevard Montmartre, Paris.
🕒 Œuvre du Diamantaire visible tous les jours d’ouverture.
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