Candide ou l’optimisme au Théâtre de Poche de Montparnasse

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Par Marie-Christine pour Carré Or TV

Intemporel !

 

Voltaire a dû beaucoup s’amuser en écrivant Candide, satire bouffonne et amère qui donne un coup fatal à Leibniz et à son optimisme sans limite. Ce dernier résume sa pensée ainsi :

« Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. »

Pour Voltaire, rien de plus absurde que d’affirmer sans cesse que tout est bien sous prétexte que chaque effet a sa cause suffisante !

Didier Long a adapté et mis en scène Candide pour le théâtre, sous le titre Candide ou L’optimisme de Voltaire. Charles Templon, dans le rôle de Candide, incarne parfaitement l’innocence candide du personnage, provoquant le sourire à chaque instant. Il ne cesse de faire référence à celui qui lui a tout appris de la vie : Pangloss.

Candide, honnête gentilhomme du voisinage, a la chance d’être reçu au château du baron de Thunder-ten-Tronckh, en Westphalie. Il y suit l’enseignement de Pangloss, véritable oracle pour cet esprit simple. Les leçons sont également dispensées à Mlle Cunégonde, la fille du baron, dont Candide est éperdument amoureux.

Cette gracieuse Cunégonde est interprétée par la talentueuse Cassandre Vittu de Kerraoul, qui incarne une jeune femme aussi séduisante que délurée. Cependant, elle refuse d’épouser Candide sous prétexte qu’il ne possède que 71 quartiers de noblesse contre ses 72 !

Cette comédienne joue également le rôle de son propre frère ainsi que celui d’une habitante de l’Eldorado, cette contrée féerique où il fait bon vivre.

Quant à Pangloss, maître en métaphysico-théologo-cosmolonigologie, il clame haut et fort qu’« il n’y a pas d’effet sans cause ! » Ce rôle est brillamment interprété par Sylvain Katan, qui incarne également presque tous les autres personnages masculins et féminins, y compris la célèbre Vieille. Trois comédiens suffisent ainsi à donner vie à l’ensemble des personnages de ce conte aux allures fantastiques.

Voltaire prend un malin plaisir à ressusciter ceux que l’on croyait disparus. Pangloss, victime d’une pendaison, en réchappe ; Cunégonde, violée et poignardée, survit ; son frère, quant à lui, échappe à la mort à plusieurs reprises.

Notre philosophe des Lumières ne fait pas dans la dentelle. Avec une ironie mordante, il s’autorise à faire vivre à son pauvre Candide des aventures rocambolesques à travers un tour du monde aussi cruel qu’extraordinaire.

Voltaire ne croit pas en une providence bienveillante. Pour lui, les hommes portent en eux le mal et se montrent souvent cruels. Il le démontre à maintes reprises en exagérant volontairement les traits. Quant à la religion, elle ne rend pas l’homme meilleur. Il dénonce ainsi l’Inquisition et les mœurs discutables de certains hommes d’Église. L’habit ne fait pas le moine !

Si l’on devait situer Voltaire dans notre époque, on pourrait le qualifier de progressiste. Il ne désespère pas totalement de l’humanité, bien qu’il trouve que le progrès se fait attendre…

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L’adaptation réalisée par Didier Long reste fidèle au roman de Voltaire. On voyage aux côtés de Candide parmi les Bulgares, au Portugal, au Paraguay, à l’Eldorado, en France, en Angleterre et jusqu’à Constantinople.

Voltaire ne croit pas à une providence bienveillante, et Candide finit par questionner son maître :

« Quand vous avez été pendu, disséqué, roué de coups, que vous avez ramé aux galères, avez-vous toujours pensé que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ? »

Pangloss, imperturbable, lui répond :

« Je suis toujours de mon premier sentiment, car enfin, je suis philosophe, il ne me convient pas de me dédire. Leibniz ne pouvant avoir tort et l’harmonie préétablie étant d’ailleurs la plus belle chose du monde. »

La conclusion de cette pièce est à la fois douce et amère. La belle Cunégonde, pour qui Candide a tout sacrifié, est devenue laide et repoussante. Il n’a plus envie de l’épouser, mais accepte néanmoins de convoler en justes noces. Il comprend alors que le bonheur ne réside pas dans les richesses. Pour supporter la vie sur Terre, il convient de travailler, et Candide déclare :

« Il faut cultiver notre jardin. »

Cette phrase emblématique, qui a traversé les siècles, clôt magistralement ce conte philosophique. Chacun est invité à méditer sur cette belle idée.

Ne manquez pas Candide au Théâtre de Poche Montparnasse !

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