Coups de coeur

Satie en liberté

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Par Stanislas pour Carré Or TV

Profondément original et finalement très moderne !

 

Qui êtes-vous vraiment, Monsieur Erik Satie ?

Erik Satie est de toute évidence l’un des compositeurs les plus énigmatiques de sa génération. Nombreux sont celles et ceux qui ont tenté de percer le mystère de ce personnage atypique.

Ornella Volta a consacré cinquante ans de sa vie à faire connaître le musicien et l’homme, publiant notamment Erik Satie en notes et en mots. Laetitia Gonzalbes, autrice de Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde, pièce jouée en 2024 au Théâtre de la Contrescarpe, a souhaité, elle aussi, cerner au plus près le phénomène Satie.

C’est actuellement au tour de François Marthouret de nous faire découvrir, avec Satie en liberté, l’excentricité cultivée de ce musicien, mais aussi de ce poète.

Le Théâtre de Poche est incontestablement un lieu privilégié pour livrer les secrets d’un esprit difficilement classable.

François Marthouret, comédien hors pair, propose actuellement une lecture des notes laissées par cet amoureux de la musique et des mots.

On découvre un homme facétieux, observateur attentif de la manière de vivre de ses contemporains, prenant un malin plaisir à prendre le contre-pied des conventions.

L’ironie est, pour Satie, une vertu cardinale.

En nous évoquant sa journée type, réglée à la minute près, il sait parfaitement qu’il passe pour un excentrique… et il s’en amuse !

La voix si singulière de François Marthouret nous dévoile un homme sensible, mélancolique, se sentant en marge de la société comme du monde musical.

Au piano, Christiane Gugger, pianiste émérite au toucher poétique, accompagne ces lectures. Une sorte de dialogue s’instaure entre les mots et les notes.
Bercés par plusieurs pièces des Gnossiennes, l’Ogive n° 1, Pièce froide… nous pénétrons peu à peu dans l’atmosphère énigmatique et mélancolique de Satie.

L’artiste n’en finit pas de nous surprendre tant il possède de multiples facettes.

Habitué des cabarets de Montmartre, coutumier du Chat noir mais aussi de l’Auberge du Clou, il côtoie les artistes de son époque.

Mais son quotidien est difficile. Alors, il compose aussi des œuvres plus légères et populaires, telles que Je te veux.

Outre son insolence légendaire, Satie entend également se distinguer sur le plan physique. Il se veut dandy avec sa tenue vestimentaire, ses binocles, son faux-col et son éternel parapluie noir.

Incontestablement, le personnage intrigue, mais ne laisse pas indifférent.

Ami de Debussy, Ravel, Darius Milhaud, Poulenc, Cocteau… Satie évolue au milieu des grands artistes de son temps. Cependant, les relations humaines ne sont pas toujours aisées et il finira notamment par se fâcher avec l’un de ses meilleurs amis, Claude Debussy.

Erik Satie fuit toute convention, n’adhère à aucune mode et se moque, en quelque sorte, de tout.

C’est un homme libre.

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L’humour est sa seconde nature et Satie n’hésite pas à flirter avec l’absurde, car il a la certitude d’être incompris.

« Personne n’écoute ma musique. »

Fantaisiste et curieux de tout, Satie est un personnage insaisissable.

Cependant, sur le plan amoureux, une seule femme compte véritablement : sa chère petite « Biqui ».

C’est ainsi qu’il surnomme Suzanne Valadon. Et bien que leur histoire n’ait duré que quelques mois, il continuera, sa vie durant, à l’aimer, à lui écrire… tout en conservant ses lettres.

Guère reconnu sur le plan artistique de son vivant, Erik Satie était-il tout simplement en avance sur son temps ?

Ne disait-il pas : « Je suis venu au monde très jeune dans un monde très vieux. »

Sans doute avait-il raison. À seulement 22 ans, il compose les Gymnopédies, œuvres emblématiques de son univers musical.

Merci au Théâtre de Poche d’organiser ces rencontres entre textes et musique. Sand et Chopin en est une autre parfaite illustration.

Avec Satie en liberté, nous passons une heure dix dans l’intimité de François Marthouret et de Christiane Gugger, qui ont su, avec beaucoup de talent, lever le voile sur l’insaisissable et cocasse Erik Satie.

Cent ans après sa disparition, l’œuvre de celui qui se croyait maudit n’a jamais été aussi présente et reconnue dans le monde entier.

Extrait vidéo

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