Coups de coeur

La Légende d’une vie au Théâtre le Lucernaire

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Artistes : 

Caroline Rainette et Lennie Coindeaux

A l’affiche :

Jusqu’au 26 août 2018

Lieu :

Théâtre le Lucernaire

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS

Réservation en ligne
Réservation en ligne
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Par Marie-Christine  pour Carré Or TV

Intelligent, sensible et bien joué !

 

Cette pièce de Stefan Zweig moins connue du grand public est ressortie des cartons
ces dernières années.
La présente adaptation est tout à fait originale, réalisée conjointement par Caroline Rainette, fondatrice de la compagnie théâtrale l’Etincelle et de Lennie Coindeaux excellent comédien remarqué dans son rôle de Stanislas dans l’Aigle à deux têtes de Cocteau.

Plus épurée que l’originale, avec deux tableaux et deux personnages principaux.

Friedrich, fils de Karl, interprété par Lennie Coindeaux et
Caroline Rainette dans le rôle de Clarissa, biographe de Karl Amadeus Franck, au service de l’auteur et désormais de son épouse Léonore.

Le premier tableau pourrait s’intituler :  »A l’ombre de la puissance du Père  ».

Chacun sait combien il est difficile d’être le fils de.
Fils d’un grand comédien, d’un grand sportif… La liste est longue et toujours d’actualité. Friedrich suit consciemment ou non les traces de son père en composant à son tour des poèmes. Parce qu’il est le fruit de ce génie littéraire, sa mère veut le propulser devant les grands de ce monde, en organisant une réception dans ce Mausolée de la littérature dédié au grand Karl.

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Le culte est toujours bien vivant, célébré et entretenu par sa mère qui a consacré sa vie à créer
la Légende de Karl Amadeus Franck et a bien l’intention de perdurer son génie en la personne de son fils. Lennie Coindeaux interprète avec justesse ce jeune homme timoré, écrasé par la toute puissance paternelle, même posthume !

La statue coulée dans le bronze de son père le paralyse totalement, au point de ne pouvoir même s’exprimer en public.
Il perd toute confiance en lui.
 » Ils ont commencé à m’admirer et à m’honorer de leurs discours indélicats avant même que j aie écrit un seul vers. Il ne veut plus être le fils de ce génie, être comparé à Karl l’empêche de vivre et de s’épanouir aussi bien dans sa vie personnelle que dans son art.
Il n’en peut plus de cette gloire paternelle qui lui colle à la peau, mais il n’a pas la force de lutter, de s’imposer, il étouffe mais ne sait pas comment résister à cette angoisse.

Caroline Rainette, dans le rôle de Clarissa va et vient sur scène avec une grande aisance, tout semble reposer sur cette femme forte, engagée par la grande Maison de Mr et Mme Karl.

C’est une sorte d’impresario des temps modernes, le téléphone sonne avec la voix de Patrick Poivre d’Arvor critique d’art.
Clarissa encourage ce jeune homme à surpasser ses appréhensions, car Friedrich ne peut échapper à sa destinée il doit l’assumer.

Il est le fils du grand Karl .
L’auteur se plaît à égratigner la bourgeoisie, la courtisanerie, ces bienfaiteurs et adorateurs par héritage qui n’attendent qu’une seule chose que  »le Fils de  » s’effondre.
L’hypocrisie, le conformisme moral de la société dite bien pensante sont de véritables cancers !

Le second tableau ou » Chute d’une légende  ».

Romain Rolland a comparé Stefan Zweig à un chasseur d’âmes. Dans cette pièce, l’auteur déterre les secrets de famille.

Les non dits, les silences, les mensonges de tout une vie !

Lorsque la vérité éclate, elle est souvent dévastatrice, voir mortifère, mais dans Légende d’une vie, elle est totalement salvatrice pour Friedrich.

 »Je veux être le fils d’un être humain et non pas d’une légende ». Ce père au firmament redevient un homme avec ses qualités mais aussi ses faiblesses.

Friedrich peut enfin l’aimer comme un père. Il revendique sa propre identité, il ne sera plus jamais ce jeune homme sous influence
qui a caché comme son père celle qu’il aime.
Nous assistons ainsi à la résurrection de Friedrich.
Clarissa à son tour ne veut plus tricher.
Il est temps de rétablir la vérité. Si elle a accepté cette duplicité jusqu’à ce jour, cette mascarade, c’était pour perpétuer la légende, elle veut désormais livrer au grand public l’authentique biographie de Karl Amadeus Franck .

Délivrée ainsi du poids des mensonges.

Stefan Zweig a voulu que cette pièce soit positive.
La recherche absolue de la vérité fait l’amour vainqueur de tout.

Le thème de la vérité : Sujet au combien brûlant de notre actualité !

La mise en scène tout à fait novatrice, avec ses effets vocaux et ses projections visuelles donnent un nouveau souffle à ‘Légende d’une vie  ».

3 plusieurs commentaires

  1. Deux comédiens formidables pour une histoire magnifique. Une oeuvre de jeunesse de S.Zweig, mais déjà une grande maturité. Un immense auteur et les comédiens lui rendent bien.

  2. Voici encore une très belle découverte. Un texte fort et deux comédiens formidables, qui littéralement nous transportent dans cette histoire intense. Bravo Bravo

  3. Un très beau et bon texte + une réalisation irréprochable au service de deux acteurs excellents et généreux = A NE PAS RATER !!!!!

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