
Par Marie-Christine pour Carré Or TV
Un spectacle plein d’humour et d’émotion !
La bible de la femme enceinte et de la jeune maman était il y a quelques décennies
« Lorsque l’enfant paraît » de Françoise Dolto
Éric Bu, auteur de pièces de théâtre et metteur en scène, a déjà adapté de nombreuses biographies. Depuis 2019, Dolto, lorsque Françoise paraît ne cesse de se produire partout en France. Le spectacle revient sur la scène du Lucernaire jusqu’au 1er novembre.
Pour monter cette pièce, Éric Bu a initialement dû obtenir l’aval de Catherine Dolto, la fille de Françoise. Non seulement cette dernière a donné son accord, mais elle soutient également le spectacle.
Françoise Dolto n’était pas du genre à se prendre au sérieux, malgré sa célébrité. Aussi, le choix de la comédienne Sophie Forte pour l’incarner est-il particulièrement judicieux.
Sur scène, Sophie Forte est accompagnée de deux autres comédiens qui campent tour à tour plusieurs personnages. Il s’agit de Karine Texier, en alternance avec Christine Gagnepain, et de Yann de Monterno, en alternance avec Stéphane Giletta.
Durant 1 h 20, la vie de Françoise Dolto défile sous nos yeux : enfant, adolescente, adulte, grand-mère… jusqu’à l’ultime étape de son existence, traitée avec dérision.
Replaçons-nous dans les années 1970. À cette époque, une émission télévisée très en vogue attire des millions de téléspectateurs, notamment en raison du nombre limité de chaînes.
À la question du journaliste : « Comment devient-on Françoise Dolto ? », Éric Bu répond en proposant une pièce où l’humour s’impose naturellement, tout en retraçant l’existence de cette grande dame de la psychanalyse.
Très jeune, dès l’âge de six ou sept ans, Françoise affirme qu’elle deviendra médecin de l’éducation à l’âge adulte. Elle précise même que cette éducation sera destinée aux parents, et non aux enfants ! Et si ce métier n’existe pas encore, elle sera la première à l’exercer !
Ses parents perçoivent très vite que Françoise possède un caractère bien trempé et qu’il est quasiment impossible de lui faire changer d’avis.
Elle crie à qui veut l’entendre que, plus tard, elle travaillera et sera indépendante. Une perspective qui horrifie sa mère.
Issue d’une famille bourgeoise et catholique traditionnelle, cette dernière est une femme particulièrement rigide. Sa conception de la vie est simple : une femme doit se marier et avoir des enfants.
À ses yeux, Françoise est une enfant insupportable et difficilement contrôlable, notamment à cause de ses questions à répétition, qui ne seraient décidément pas de son âge.
Le décès de son grand-père va profondément la perturber. Elle n’a que cinq ans, et la mort est déjà un sujet qui la questionne. Les réponses des adultes lui paraissent trop vagues pour satisfaire sa curiosité.
Elle éprouve alors le besoin d’avoir auprès d’elle un être bienveillant avec lequel elle puisse converser et se confier. Elle invente ainsi son propre ange gardien, toujours à portée de main et disponible !
Dans la famille Marette, Françoise est la quatrième d’une fratrie de sept enfants. Sa sœur aînée, Jacqueline, possède toutes les qualités aux yeux de leur mère : jolie, obéissante… Elle a tout pour faire, plus tard, un beau mariage, conformément aux attentes maternelles.
Cette dernière la préfère très nettement à Françoise. Malheureusement, Jacqueline meurt prématurément, à l’âge de douze ans. Françoise ne peut ni ne veut prendre la place de celle qui était l’élue du cœur de sa mère.
Les difficultés relationnelles entre la mère et la fille vont de toute évidence faire souffrir Françoise. Elle se retrouve la seule fille au milieu de cinq frères.
En revanche, ses relations avec son père sont excellentes.
Déterminée, Françoise termine brillamment ses études de médecine et devient pédiatre, puis psychanalyste.

Elle va enfin pouvoir aider les parents à trouver les mots justes pour parler à leurs enfants. Elle insiste sur l’importance de la communication, essentielle à l’épanouissement des jeunes en devenir.
Ses activités la passionnent et l’accaparent totalement. Elle attend néanmoins de rencontrer l’élu de son cœur pour fonder une famille.
Ce sera Boris Dolto. Ensemble, ils auront trois enfants : Carlos, devenu chanteur, Catherine et Grégoire. Françoise poursuit parallèlement sa carrière, sans jamais renoncer à ses engagements professionnels.
Sophie Forte, une incarnation pleine de vie
Sophie Forte campe le personnage de Françoise Dolto depuis tant d’années qu’au fil du temps, ce rôle semble être devenu une seconde nature.
La comédienne est capable de se métamorphoser sous nos yeux, passant d’un âge à un autre avec une aisance déconcertante.
Les comédiennes capables de se distinguer dans le registre comique sont rares. Le terme est loin d’être péjoratif, bien au contraire ! Dès que Sophie Forte apparaît sur scène, elle dégage une joie de vivre absolument communicative.
Les deux autres comédiens ne sont pas en reste. Tout aussi talentueux, ils incarnent une foule de personnages en un temps record, contribuant au rythme et à la vivacité du spectacle.
Au final, voici une pièce rondement menée, pleine d’émotion et d’humour.
Un spectacle qui détend véritablement et qui aurait, de toute évidence, ravi Françoise Dolto elle-même.
Éric Bu parvient également à nous réconcilier avec la psychanalyse en nous en proposant une approche accessible, humaine et pleine de légèreté.
Si vous souhaitez vous divertir et passer un excellent moment, allez applaudir Dolto, lorsque Françoise paraît au Lucernaire !
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