Coups de coeur

Votre Maman au Théâtre de l’Atelier

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Distribution : 

Catherine Hiegel, Bruno Putzulu, Philippe Fretun, Paul Rias

A l’affiche : 

Jusqu’au 18 juin 2017

Lieu : 

Théâtre de l’Atelier

1, place Charles Dullin

75018 PARIS

Comparez les prix : 

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Par Nathaly pour Carré Or TV

« Ici, il n’y a que des dingues,

des gagas et des vieilles peaux ! »

 

« V otre maman ! », c’est ainsi que le directeur de la maison de retraite médicalisée interpelle à chacune de ses visites le fils dont la mère est atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Les arbres hauts du jardin jouxtant l’établissement seront le seul horizon de la pièce, barrière végétale qu’on aperçoit à travers des parois vitrées, mur entre le monde des personnes âgées et le monde de ceux qui sont encore valides et autonomes.

« Votre maman s’est assise

et ne veut plus se lever ! »

 

Tout commence avec cet incident jugé insupportable pour le Directeur : « Votre maman s’est assise sur la chaise roulante d’un autre….C’est un pensionnaire épatant bien qu’impotent ».

L’affrontement des trois personnages principaux commence : il y a le fils que sa mère ne reconnaît plus, il y a cette mère qui involontairement rudoie son fils (« tu pues, tu pues, tu pues ») et il y a un directeur plutôt intransigeant, voire intolérant, qui décharge souvent toute responsabilité sur le fils (« A la moindre récidive, je vous la rends illico !). Il y a ce dialogue de sourds persistant entre le fils et le directeur.

La mère a perdu la mémoire et attend sa propre mère, potentiellement disparue depuis longtemps (« Pourquoi maman vient jamais me voir ? »).

« Ici, elles se sont toutes cassé le col

au moins une fois ! »

 

Une maison de retraite rythmée par l’heure des repas, par une cohabitation plus que difficile entre les personnes âgées. (« Votre maman a donné des coups de parapluie à sa voisine »), il y a les chambres avec des WC personnels ou sans (« Maman fait la police des WC dans le couloir ! »), il y a ces vieillards qu’on ne surveille pas vraiment (« Grâce à Dieu et aux médicaments, tout le monde dort ici ! »).

La mère serre parfois son fils entre ses bras dans de trop brefs et trop rares moments de complicité (ou de lucidité).

Quand la perte de notre mémoire ressuscite nos fantômes

 

La mère ne reconnait plus son propre fils, mais se souvient encore des camps où sa mère a succombé durant la seconde guerre mondiale. Elle en a gardé une peur viscérale des gendarmes, du bruit de leurs bottes et de l’aboiement de leurs chiens.

Une nuit, la mère disparaitra de sa chambre (« Vous avez cherché dans les placards ? Ma mère s’est beaucoup cachée dans les placards. »).

Elle quittera le Monde des vivants où elle n’a plus de mémoire pour retrouver celle dont, par contre, elle se souvient parfaitement : « J’ai presque retrouvé ma maman », dira-t-elle en s’éloignant à travers l’embrasure d’un au-delà.

Catherine Hiegel et Bruno Putzulu

sont indéniablement mère et fils

 

Les trois acteurs principaux sont exemplaires et admirables :

Il y a bien entendu Catherine Hiegel qui vêtue d’un manteau de laine et de bottines en plastique beige campe une inoubliable mère « oubliante ». Catherine Hiegel, qui fut sociétaire de la Comédie Française durant 33 ans et qui a obtenu le Molière de la meilleure comédienne en 2011 pour « La Mère » de Florian Zeller. Elle reste aussi l’inénarrable Dany dans « Gazon maudit » de Josiane Balasko.

Par la modulation de sa voix et la maîtrise de ses déplacements sur scène, Bruno PUTZULU traduit parfaitement les émotions et les désespoirs du fils. Acteur hétéroclite, qui fut Bruno, le copain frustre, dans le film « L’appât » de Bertrand Tavernier mais aussi Caligula dans la pièce écrite par Albert Camus.

Philippe FRETUN est un directeur de maison de retraite criant de vérité et de cocasserie. Cet acteur formé au Conservatoire, a tout autant joué au théâtre dans « La Famille Deschiens », que dans le « George Dandin ou le mari confondu » de Molière. Au cinéma il fut le médecin personnel de François Mitterrand dans « Le Promeneur du Champs-de-Mars ».

N’oublions pas Paul RIAS qui joue un double rôle de gendarme et d’infirmier, et qui est connu pour son rôle d’Aymeric dans « Plus Belle La Vie » (le chimiste travaillant pour des trafiquants de drogue), il a également joué dans le spectacle de Charles Berling « Gould Menuhin »).

On ne présente plus Jean-Claude GRUMBERG (auteur de plus d’une quarantaine de pièces), l’auteur de « Votre Maman » (précédemment jouée en 2012 au Théâtre Ouvert par Christine Murillo, Pierre Arditi, Dominique Pinon et Michaël Hirsch).

La mise en scène élégante et implacable est de Charles Tordjman qui a longtemps dirigé le Théâtre de la Manufacture de Nancy.

Il est inutile de tenter de décider si cette pièce sur la vieillesse est drôle ou dramatique, car elle est clairement les deux. Comme ces larmes salvatrices qui ressemblent tout autant à des larmes de tristesse qu’à des larmes de joie.

« Votre maman » est une oasis à ne surtout pas louper.

Extrait vidéo :

3 plusieurs commentaires

  1. Nous avons passé un bon moment, souvent drôle. Très bons acteurs , le directeur de la maison de retraite est formidable. Hiegel parfaite. La pièce est un peu faible, le rôle du fils gentil avec sa maman est un peu répétitif et inconsistant. A voir

  2. Très belle pièce avec d’excellents acteurs. On rit et on est ému par l’histoire…

  3. Belle interprétation des comédiens pour ce sujet sensible qui nous touche, cela pourrait nous arriver ! Un décor simple pour ce petit moment théâtrale d’une heure.

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