Coups de coeur

Madame Zola au Théâtre de Montparnasse

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Artistes : 

Catherine Arditi et Pierre Forest

A l’affiche :

Jusqu’au 1er décembre 2019

Lieu :

Théâtre de Montparnasse

31, rue de la Gaité

75014 PARIS

Réservation en ligne
Réservation en ligne
Madame-Zola1

Par Marie-Christine pour Carré Or TV

Une très belle découverte

 

Que de chemin parcouru, entre la petite grisette parisienne du 19ème siècle devenue cette grande bourgeoise en ce début du 20ème siècle !

1908, les cendres de son illustre époux sont transférées dans le Temple de la Gloire : Le Panthéon « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. »

Or derrière les plus grands Hommes entrés dans l’histoire, se cachent souvent une épouse ou une compagne jouant dans l’ombre un rôle prépondérant dans l’ascension de ces derniers. Ces femmes demeurent inconnues, voir ignorées du grand public.

Evelyne Bloch-Dano s’est intéressée à raison à la personnalité de l’épouse du grand Zola : Alexandrine Annick le Goff, Autrice, a su adapter cette biographie pour la scène, avec beaucoup de finesse et d’originalité, misant sur 4 tableaux, façon « séances de psychanalyse ». Anouche Setbon en a réalisé avec brio la mise en scène, mettant en lumière toute la complexité du personnage d’Alexandrine Zola, sur une musique originale de Michel Winogradoff.

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Orpheline très jeune, Alexandrine est au fil du temps : apprentie fleuriste, blanchisseuse, modèle pour peintres, dont certains deviendront célèbres, tels que Cézanne, Manet…

Puis sa rencontre avec ce petit journaliste : Emile Zola. Sa vie en sera à jamais chamboulée.

Après cinq longues années de fiançailles, elle devient enfin Madame Zola et met aux oubliettes ce prénom d’emprunt : Gabrielle !

Catherine Arditi, immense comédienne. Molière en 2017 de la meilleure comédienne dans un spectacle de théâtre privé : « Ensemble » interprète magistralement cette petite dame tout de noir vêtue, veuve du grand écrivain passé à la postérité.

Ne tenant pas en place, conservant intacte cette même passion pour les grandes causes politiques, généreuse à souhait, impatiente et terriblement drôle.

Alexandrine vit désormais seule avec son chien, mais demeure à jamais la gardienne de l’oeuvre littéraire de feu son génialissime époux : Zola

Se livrant en permanence à un incroyable monologue, s’adressant à Emile, comme si ce dernier était toujours de ce monde !

Ces soliloques créent des situations absolument comiques !

Alexandrine a désormais enfoui la hache de guerre, oublié les scènes de jalousie en apprenant la double vie de son Emile et l’existence en sus de deux enfants illégitimes : Denise et Jacques.

Deux innocents, qu’elle finit par aimer comme ses propres enfants !

Alexandrine Zola a toujours été excessive et peut ainsi aimer et défendre jusqu’au boutisse ses idées et les êtres qui lui sont chers. Accepter que la maîtresse de son mari : Jeanne Rozerot soit à ses côtés lors de la cérémonie au Panthéon et que les enfants de cette dernière, portent le nom de Zola confirment une générosité de cœur forçant l’admiration ! Le décor d’Oria Puppo nous plonge dans une ambiance freudienne :

Une chaise derrière un fauteuil Récamier sur lequel s’allonge Alexandrine pour confier au psychothérapeute de service, Fleury, apothicaire de son métier, ses souvenirs les plus intimes, ses souffrances et son terrible secret :

Avoir abandonnée sa fille Caroline à l’Hôpital des Enfants trouvés.

Une plaie toujours ouverte !

Privée de maternité, le couple Zola recherche longtemps cette enfant , mais Caroline est décédée peu de temps après son adoption .

La culpabilité de cet abandon l’obsède, elle possède pourtant toutes les qualités de cœur pour élever et choyer des enfants.

Alors son existence est vouée à l’homme de sa vie : Emile , à son œuvre littéraire Le soutenant sans jamais faiblir, l’affaire Dreyfus en est une parfaite illustration .

Finalement, les enfants illégitimes de son époux deviennent les siens !

Pierre Forest, récompensé en 2017 : Molière du comédien dans un second rôle de la pièce d’Alexis Michalik : Edmond est dans la pièce de « Madame Zola », cet apothicaire aux inventions pharmaceutiques les plus saugrenues, adepte de la méthode Coué.

Un peu gauche, terriblement morose et de surcroît cocu !

Il est en quelque sorte le miroir d’Alexandrine.

Comme elle, il est trompé, comme elle il souffre.

Finalement le psychothérapeute livre à Alexandrine ses tourments.

Allez applaudir ce duo magnifique que forment Catherine Arditi et Pierre Forest au Théâtre du Petit Montparnasse.

Vous serez conquis par le franc parler et le bon sens populaire d’Alexandrine Zola.

En pénétrant dans l’intimité des Zolas, l’oeuvre de ce grand écrivain prend en quelque sorte un autre éclairage.

3 plusieurs commentaires

  1. … Un spectacle comme on aime, intéressant et sensible. Une interprétation impressionnante et remarquable qui nous captive et nous émeut tout le long. Un très beau temps de théâtre que je conseille vivement.

  2. Comme on s’y attendait, Madame Zola constitue un bon spectacle avec une belle mise en scène signée Anouche SETBON. Bravo également à la Comédienne Catherine ARDITI (Madame Zola) et au Comédien Pierre FOREST (L’Apothicaire), sans oublier Juliette CHANAUD pour les Costumes…

  3. Une belle de théatre qui rend hommage à la famille Zola en apprenant des tas de choses sur le chef de file du naturalisme a voir sans modération

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