Coups de coeur

Dans les Forets de Sibérie au Théâtre de la Huchette

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Artiste : 

William Mesguich

A l’affiche :

Jusqu’au 4 janvier 2020

Lieu :

Théâtre de la Huchette

23, rue de la Huchette

75005 PARIS

Réservation en ligne
Réservation en ligne
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Par Marie-Christine pour Carré Or TV

Une parenthèse hors du temps

 

Le récit « Dans les forêts de Sibérie » vécu par Sylvain Tesson en 2010, vient d’être adapté avec finesse par Charlotte Escamez, au théâtre de la Huchette.

William Mesguich prête son immense talent, en se glissant dans la peau du très aventurier écrivain : Sylvain Tesson, Prix Renaudot 2019 pour « la Panthère des Neiges ».

Excellent comédien, William Mesguich assure également la mise en scène, aidé par une équipe hors pair, tant sur le plan des décors, que sur le plan sonore et musical.

La scène du théâtre de la Huchette se prête parfaitement à l’intimité de ce solitaire.

Quitter notre société de consommation, partir loin, très loin, seul, sur les rives du lac Baikal.

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Vivre dans une cabane en bois de 9 mètres carrés, sans confort dans un espace géographique inhospitalier constitue en soi un véritable défi.

Quels démons ont poussé Sylvain Tesson pour vivre tel un ermite dans des conditions climatiques frôlant l’extrême et aussi longtemps ?

Rien à voir avec un Robinson Crusoe !

Aucune ressemblance avec un quelconque anachorète.

Sans nouvelles de ses proches, seul, absolument seul dans cette immensité glaciaire !

Très vite nous découvrons que l’auteur possède en lui ce besoin vital de « disparaître des écrans de contrôle, de délester l’aérostat de son existence. »

Manifestement, l’auteur est poussé par une envie irrésistible de partir à la recherche de sa vérité, découvrant que l’homme des bois est en fait « Une machine de recyclage énergétique ».

Vue de notre fenêtre, connectés de toutes parts, ankylosés par le confort aseptisé de notre civilisation, une telle expérience peut vraiment nous sembler cauchemardesque.

Et puis au fil du récit, des jours, des mois, nous comprenons que la liberté a un prix et que l’homme doit parfois se dépasser pour puiser au fond de lui ce qu’ il recherche en vain depuis si longtemps.

« Vivre dans les futaies au bord de la plus grande réserve d’eau douce du monde est un luxe ».

Revenir aux sources primitives de la vie : Plonger son fil au fond d’un trou percé dans la couche de glace et pêcher pour se substanter, couper du bois pour remplir le poêle de la cabane afin de résister aux températures sibériennes.

Le temps alors n existe plus, l’ homme libre le maîtrise et devient maître de l’espace.

Il se sent alors vraiment puissant !

Ce récit de vie que nous fait partager William Mesguich nous transporte dans tous les sens du terme.

Un vrai instant de jouvence ! Tenir son journal « pour lutter contre l’oubli ».

Lecteur acharné dévorant un nombre incalculable d’ouvrages de style très différent. Anticonformiste, avec un sens inné de la dérision, il n’en demeure pas moins un homme fragile.

Cassé, lorsque la femme qu’il aime lui donne son congé sur le téléphone satellite, emporté en cas d’extrême urgence, mais jamais utilisé jusqu’à cette date fatidique du 16 juin 2010 !!!!

Le tribut à payer est très lourd !

Grâce à la vodka, aux bouquins, aux autochtones et copains de passage.

« Être heureux c est savoir qu’on l’est !!! «

Nous ne sortons pas indemnes de cette pièce, magnifiquement interprété par un acteur éblouissant d’émotion et de sincérité même si nous ne sommes pas encore prêts à aller pêcher seul des ombles en Sibérie, si nous hésitons encore à vivre dans une cabane du grand nord où la grève d’en face est un autre monde !

Nous repartons avec un message fort : Ces mois passés seul dans les forêts de Sibérie décape l’âme.

Un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte.

3 plusieurs commentaires

  1. Un moment magique en compagnie de William Mesguish qui incarne merveilleusement un Sylvain Tesson à la recherche de lui-même au plus profond de la forêt sibérienne. Il nous envoûte et nous amène au plus près de l’âme humaine.

  2. Qui mieux que ce fabuleux comédien et (ra)conteur pour nous faire partager ce texte incroyable et (paradoxalement) cette solitude salvatrice ? Bravo, mille fois bravo à William Mesguich pour ce moment de grâce hors du temps et hors des cités.

  3. Je le conseil fortement à tous! Pour qui aime la solitude, la légèreté, pour qui rêve de changer le monde, pour qui voudrais arrêter le temps, pour qui aime l’écriture vrai de Sylvain Tesson, le théâtre, l’art…un jeux extraordinaire, un moment de bonheur que je souhaite à tous, grands et moins grands. Allez si. C’est magnifique.

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