Coups de coeur

Un coeur sauvage au Théâtre de la Jonquière

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Artistes : 

Léa Malassenet, Ugo Savary, Thomas Violleau

A l’affiche :

Jusqu’au 21 octobre 2017

Lieu :

Théâtre de la Jonquière

88, rue de la Jonquière

75017 PARIS

Réservation en ligne
Réservation en ligne
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Par Bernard Alexandre pour Carré Or TV

Une pièce débordante d’émotions

 

Mathan a 17 ans. Mathan découvre l’amitié, l’amour, les joies et les tourments de l’adolescence. Ce passage obligé de l’insouciance à la maturité… Mathan est tiraillé entre un garçon et une fille. Qui sera capable d’apprivoiser son « coeur sauvage »?

Dès les premières minutes, le ton est donné : un jeune homme et une jeune fille jouent et s’amusent, se cherchent et se taquinent. Puis, passe furtivement un autre jeune homme… La parade amoureuse se stoppe, l’amusement fait place au doute. On comprend très vite que cette histoire là ne se jouera pas à deux mais à trois. Un triangle, le triangle amoureux d’une adolescence où l’insouciance enfantine laisse place aux questionnements de l’adulte naissant. Nous ne sommes plus dans le corps, on commence à mentaliser. Naissance du doute, des questionnements existentiels : qu’est-ce que je veux faire de ma vie, où vais-je aller, qui vais-je devenir… Il y a aussi cette prise de conscience du regard extérieur, le regard des autres, de l’autre devient fort, insistant, important, parfois plus important que notre propre bonheur.

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Ce qui fait la singularité et la force de la pièce de Christophe Botti, c’est son universalité. On parle avant tout d’amour et de quête de soi. Chacun se retrouve ou se retrouvera dans cette valse amoureuse à trois personnages. la peur de s’affirmer quitte à être montré du doigt, la peur d’entreprendre, le tiraillement entre un amour « raisonnable » et l’amour « passionnel ».

Frédéric Maugey nous embarque dans cette pièce. Sa mise en scène est sobre, lui donnant une réelle force et efficacité. Les décors de Julien O, accompagnent et soulignent tout en légèreté cette mise en scène dont le but est avant tout de mettre en lumière l’intensité du jeu des trois comédiens.

Sur scène, on retrouve Léa Malassenet, Ugo Savary et Thomas Violleau. Les trois comédiens, qui n’ont plus l’âge d’être adolescent, sont pourtant criants de vérité. La crédibilité de la jeunesse est là, nous ne sommes plus dans un corps ancré au sol mais dans une légèreté des corps, parfois à la limite de la désarticulation et qui trahit le mal-être des adolescents.

Léa Malassenet, nous avions pu la découvrir la saison dernière dans d’autres pièces de Christophe Botti : « Noël en Famille (ou pas) » et « Masques à tous les Étages » et plus récemment dans « Fragments ». La particularité de la jeune comédienne, est de passer d’un personnage à l’autre au gré de son parcours théâtral avec aisance et brio. Elle donne à Virginie un côté attachant qui contre balance avec le côté capricieux du personnage, tout en lui conférant une force de caractère. On est en empathie avec Virginie, au milieu de ces deux garçons qui ne savent pas comment s’aimer et comment aimer la jeune fille.

Ugo Savary campe Mathan, personnage central de ce triangle amoureux. Ugo apporte une sensibilité et fragilité à son personnage toujours avec justesse.
Les trois personnages de la pièce sont tous les trois complexes c’est indéniable.

Interpréter le rôle de François, n’est pas chose aisée. Le jeune Thomas Violleau réussi avec brio à donner vie et corps à ce personnage torturé. Les regards sont parfois francs pour s’affirmer, tantôt fuyants pour ne pas assumer ses actes et ses paroles. Thomas donne charisme et force au personnage tout lui apportant une sensibilité à fleur de peau.

« Un Coeur Sauvage » parle aussi d’homophobie, de coming-out et l’acceptation de la « différence ».
C’est une comédie dramatique où les moments de vies laissent place aux envolées littéraires de Mathan qui couche sur son journal intime tous ses questionnements, ses désirs, ses frustrations, ses espoirs et son désespoir.

3 plusieurs commentaires

  1. Je recommande vivement cette pièce de théâtre qui est habilement portée par son trio d’acteurs. Mention spéciale à son comédien principal Ugo Savary, qui réussit à passer avec agilité de la taquinerie légère du personnage à des confessions profondes et malvécues, en passant par la plus grande mise à nu des sentiments. De la palette de ce qu’il a montre sur scène en ressort une couleur captivante et émouvante. A suivre.

  2. Une pièce très touchante avec des comédiens très justes. Un jeu original qui m’a intriguée et plu. J’ai plongé dans l’histoire tout de suite et je n’ai pas décroché. Mention spéciale au comédien principal dont le jeu simple, juste et profondément vrai m’est parvenu droit au coeur. Je recommande vivement !

  3. Je connaissait la pièce, c’est avec plaisir que nous l’avons redécouvert. Les acteurs et actrice sont fabuleux, l’interprétation transpire d’émotion. Notamment Ugo Savary interprète Mathan avec tout son corps, son visage tantôt sourire charmant en coin, tantôt grave nous fait vivre des moments émouvants, parfois terribles, souvent touchant. Merci pour ce moment.

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